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Cette exposition prend pour point de départ un prénom devenu symbolique pour la ville d'Orléans.
Attention, les horaires d’ouverture peuvent varier tenant compte des jours fériés et des événements spéciaux.
213 Rue de Bourgogne, 45000 Orléans, France
Du 29 avril 2026 au 10 mai 2026
Vernissage le 29 avril 2026 18:30
Des fleurs pour Jeanne(s)
Exposition/Installation par Marie France HURBAULT, artiste plasticienne
À Orléans, ville indissociable de la figure de Jeanne d’Arc, cette exposition prend pour point de départ un prénom devenu mythe, mémoire collective et territoire symbolique. Jeanne, héroïne, sainte, icône politique et populaire, traverse les siècles. Mais ici, elle se démultiplie, se déplace, se fragmente. Elle devient plurielle.
L’artiste, plasticienne contemporaine travaillant dans le champ de l’art conceptuel, inscrit son travail dans une histoire intime autant que transgénérationnelle : près de cinq cents de ses ancêtres portaient le prénom Jeanne. Cette accumulation vertigineuse transforme ce prénom en matière, en motif, en archive vivante. Jeanne n’est plus seulement une figure historique, elle est une lignée, un souffle, une répétition obstinée inscrite dans le temps.
L’exposition se déploie autour du motif floral, non pas comme représentation figurative, mais comme forme symbolique, fragile et persistante. Suspendues au plafond de la galerie, 365 fleurs de papier journal composent une constellation aérienne. Une fleur par jour, une présence quotidienne, un cycle complet. Chaque fleur est un cornet façonné à partir de papier journal, suspendu par un fil de laine rouge. Ce geste fait écho à celui de l’arrière-grand-mère de l’artiste, Jeanne, qui réalisait ces cornets en fin de vie. Le matériau pauvre, éphémère, chargé de mots et d’actualités, devient ici support de mémoire et de transmission.
Sur les murs, quatre grands motifs floraux se déploient, entourés du prénom Jeanne, répété, inscrit, presque murmuré. Ces œuvres dialoguent avec un semis d’autres fleurs réalisées à travers des techniques variées : gravure, collage, dessin, broderie. Chaque technique apporte sa temporalité propre, son rapport au geste, au soin, à la répétition. L’ensemble compose une cartographie sensible, où le prénom circule comme un fil conducteur.
Face à cet ensemble, une série de tableaux carrés présente autant de petits cabinets de curiosités. Assemblages de matériaux hétérogènes, ces œuvres condensent l’univers de l’artiste : fragments, superpositions, matières, traces. Elles fonctionnent comme des micro-espaces de réflexion, des chambres de mémoire où se croisent intime et collectif.
En fond de salle, une vitrine rassemble des œuvres en terre, où le motif floral revient comme un leitmotiv. La terre crue, convoque une fragilité qui fait écho à celle du papier — deux matières vulnérables, poreuses au temps. Le fil de laine rouge vient s’y introduire tel une couture, un lien charnel qui traverse et unit toutes les Jeanne. Deux éléments en dialogue : la terre et la laine. L’un dur, dense, friable à la fois ; l’autre souple, presque vivant entre les doigts. La terre est peinte en blanc, instaurant une tension visuelle entre ce blanc et le rouge vif du fil, opposition tranchée, presque chirurgicale, entre matière inerte et geste textile.
Enfin, la vitrine de la galerie devient le lieu d’une performance participative. Pour le vernissage, le prénom Jeanne accompagné des fleurs dessinées par l’artiste invite le visiteur à écrire le prénom d’une de ses ancêtres. Le geste prolonge la démarche de l’artiste : faire émerger une mémoire partagée, donner corps aux prénoms oubliés et tisser une communauté de traces.
Cette exposition propose ainsi une réflexion sensible sur la transmission, le féminin, la répétition et la mémoire, où Jeanne, loin d’être figée dans l’Histoire, continue de fleurir.