Record 2025 : un Klimt vendu 236,3 M€ devient la 2ᵉ œuvre la plus chère de l’histoire lors d’une vente Sotheby’s
6 janvier 2026
New York, 18 novembre 2025 — Le marché de l’art international vient de vivre un moment historique. Lors d’une vente du soir organisée par Sotheby’s New York dans son nouveau siège du Breuer Building, le Portrait d’Elisabeth Lederer (1914–1916) de Gustav Klimt a été adjugé 236,3 millions de dollars (environ 204 millions d’euros), établissant un record absolu pour l’artiste et devenant la deuxième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères, derrière le Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci (2017).
Un portrait rare devenu icône du marché de l’art
Réalisé au cœur de la période tardive de Klimt, ce grand portrait en pied représente Elisabeth Lederer, fille d’August et Serena Lederer, mécènes emblématiques de la Vienne du début du XXᵉ siècle. La toile appartient à un corpus extrêmement restreint : les portraits en pied réalisés entre 1912 et 1917, presque tous conservés dans des collections publiques. Le tableau était ainsi l’un des derniers exemplaires majeurs encore en mains privées.
La rareté et l’histoire prestigieuse de l’œuvre ont nourri la compétition. Pendant près de 20 minutes, six enchérisseurs se sont affrontés, faisant grimper le prix bien au-delà de l’estimation initiale d’environ 150 millions de dollars.

Gustav Klimt, Portrait d’Elisabeth Lederer, 1914–1916
Une œuvre au destin mouvementé et une provenance recherchée
Au-delà de sa valeur artistique, le tableau porte une histoire marquée par le XXᵉ siècle. Pillé par les nazis, retrouvé in extremis après un incendie durant la Seconde Guerre mondiale, puis restitué aux héritiers Lederer, il constitue un témoignage complexe de l’histoire européenne et de la restitution des biens spoliés.
La toile provenait de la prestigieuse collection Leonard A. Lauder, philanthrope américain et héritier de l’empire Estée Lauder, qui rassemblait certaines des œuvres majeures du marché de l’art moderne.
Le marché Klimt atteint des sommets
Ce résultat dépasse largement le précédent record de l’artiste, détenu par Dame à l’éventail (1917-1918), vendue 85,3 millions de livres chez Sotheby’s Londres en 2023. La soirée a également vu s’envoler d’autres œuvres de Klimt :
- Prairie en fleur (~1908) : 86 millions de dollars
- Pente forestière à Unterach am Attersee (1916) : 68,3 millions de dollars
- Deux études préparatoires : entre 480 000 et 520 000 dollars
Ces résultats confirment la demande exceptionnelle pour l’œuvre de Klimt, portée par sa rareté, son aura historique et la fascination durable du public pour l’Âge d’or viennois.


Une soirée record pour Sotheby’s New York
La vente du soir consacrée à la collection Leonard Lauder a totalisé 706 millions de dollars, la plus haute somme jamais enregistrée en une seule session par la maison. Le Klimt, à lui seul, représente plus d’un tiers du montant final.
Le nouveau QG de Sotheby’s, installé dans l’ancien Whitney Museum conçu par Marcel Breuer, s’impose ainsi comme le théâtre d’une nouvelle ère pour les grandes ventes aux enchères internationales.
Une tendance confirmée : les chefs-d’œuvre historiques attirent les plus hautes enchères
Cette adjudication renforce une dynamique perceptible depuis plusieurs années : les maîtres de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle continuent de dominer les records, portés par une offre limitée et une demande mondiale croissante.
Dans le même temps, plusieurs maisons de ventes prévoient des résultats comparables pour les grands artistes modernes, tandis que des records pourraient être établis cette semaine pour Frida Kahlo, dont un autoportrait de 1940 est estimé entre 40 et 60 millions de dollars.