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Dans le cadre d'une exposition collective "BODY" , je présente Antropomorphosis, humain ou animal.
Attention, les horaires d’ouverture peuvent varier tenant compte des jours fériés et des événements spéciaux. Vérifier sur le site de l'organisateur
Kiff & Marais
17 Rue des Gravilliers, 75003 Paris, France
Du 03 juin 2026 au 07 juin 2026
Vernissage le 04 juin 2026 18:30
Dans cette série, je laisse mon imagination se perdre dans l’ambivalence des relations entre l’homme et l’animal, dans les frontières brumeuses entre l’anthropocentrisme dominant et le zoocentrisme, ainsi qu’entre la mort et l’amour, ou Thanatos et Éros.
De tous temps, l’homme a rêvé de posséder la force et l’agilité des autres espèces animales tout en inspirant les dominés.
L’anthropocentrisme, une pensée qui ne se préoccupe que de l’humain, ou qui pense l’animal dans l’intérêt qu’il peut avoir pour l’humain, a été mise à mal selon Freud (1916) : « l’époque où une blessure narcissique a été infligée à l’humanité à travers l’apport de Darwin : « La recherche biologique […] a réduit à néant les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l’indestructibilité de sa nature animale. »
C’est ainsi que le zoocentrisme, défini par Franklin (1999) comme la reconnaissance partielle ou entière des animaux comme sujets moraux, intervient à la deuxième moitié du 20e siècle dans les relations homme-animal, tout en concevant notre vision du pouvoir tout-puissant sur leur vie et leur mort. Dès lors, notre pouvoir sur la vie et la mort des autres êtres vivants, devenus des sujets moraux, nous renvoie devant nos propres incohérences.
Nos désirs, nos rêves et nos peurs s’entrechoquent comme la dualité de Thanatos, personnification de la pulsion de mort (et frère d’Hypnos, les rêves) et d’Éros, la vie ou l’amour passionnel et possessif. Le dualisme moderne peut risquer une explication au fait que nous possédons en nous-mêmes cette envie de tuer au même titre que celle de créer.
Dans nos relations avec le monde animal, nous le divisons en plusieurs catégories: les animaux dangereux, les animaux utiles et les animaux de compagnie (à différencier des animaux utiles où l’utilité est autre qu’affective). C’est avec cette même hiérarchie ambiguë que nous nous sommes autorisés à décider de la vie ou de la mort de ces êtres vivants tantôt sujets moraux et tantôt des vivants « sans âme. »
Je ne prétends apporter aucune réponse à ces questionnements, j’exprime simplement avec mes images ces errances de mon esprit entre Thanatos, la mort, Éros, la création et l’amour