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Exposition
Vue de l'exposition Bestias de Gwenola Saillard Calvez au Rayon vert à Nantes

« Bestias » à la galerie Le Rayon Vert : jusqu’où l’homme peut-il animaliser le vivant ?

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par Baratin
5 juin 2026

La galerie Le Rayon Vert présente l’exposition personnelle de la plasticienne Gwenola Saillard Calvez, intitulée « Bestias ». Visible du 25 avril au 14 juin 2026, cette proposition artistique rassemble deux séries majeures de l’artiste : « La vérité des têtes » et « Bestia ». Le parcours explore les notions de frontières, de domination et de vulnérabilité entre les règnes humain et animal.

Une réflexion plastique sur le vivant et la domination

L’exposition « Bestias » s’articule autour d’une interrogation centrale : les mécanismes de déshumanisation et les rapports de force exercés sur le vivant. Pour concevoir cette installation, Gwenola Saillard Calvez s’est inspirée de l’essai Ainsi l’animal et nous de la sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi. Cet ouvrage analyse comment certains corps, qu’ils soient animaux ou humains, se retrouvent marginalisés, rendus dominables et effaçables par la société.

En déclinant ces réflexions théoriques sous des formes plastiques, l’artiste ne cherche pas à imposer un message univoque. Elle crée un espace de tension où les matières et les objets entrent en résonance, incitant les visiteurs à examiner leur propre manière d’habiter le monde et de se situer parmi les autres espèces.

Matières et parcours : l’hybridation des formes au cœur de l’installation

Le parcours de l’exposition met en avant une dualité constante entre la lourdeur des matériaux bruts et la délicatesse d’éléments fragiles ou récupérés. La pratique de Gwenola Saillard Calvez privilégie les circuits courts de la matière : l’utilisation de composants transformés, altérés ou recyclés est au centre de sa démarche pour interroger la mémoire des formes et la permanence des œuvres.

La matérialité de la série « Bestia »

Dans la série qui donne son nom à l’exposition, les figures glissent vers l’hybridité. Le public peut y observer :

  • Des moulages lourds et rugueux représentant des formes déshumanisées chargées de bois, évoquant une mythologie brute et des forces archaïques.
  • Des insertions de dentelle, qui apportent un contraste visuel fort par leur texture fine et incongrue, suggérant une persistance d’humanité ou une forme de douceur résiduelle.
  • Des canevas traditionnels intégrés aux œuvres, renvoyant aux scènes de chasse classiques. Ces pièces symbolisent à la fois l’imaginaire champêtre et l’emprise historique de l’être humain sur la nature.

L’installation au sol et la symbolique des appelants

L’espace de la galerie est également investi au sol par une accumulation spécifique : un ensemble d’appelants de chasse moulés en plâtre. Initialement conçus pour tromper, attirer et piéger la faune, ces objets sont ici détournés de leur fonction d’usage. Rendus muets, immobiles et inopérants par le plâtre blanc, leur répétition sérielle et leur fragilité matérielle soulignent l’absurdité d’un geste ritualisé, révélant la responsabilité humaine dans les dynamiques de domination.

Une démarche ancrée dans le territoire et le lien social

Diplômée des Beaux-Arts de Lorient, Gwenola Saillard Calvez développe une pratique tridimensionnelle souvent liée aux contextes et aux environnements dans lesquels elle s’implante, qu’il s’agisse de l’espace public ou du paysage. Ses recherches récurrentes portent sur la disparition, les états de transition et les notions de frontières (intérieur/extérieur, présence/absence).

En parallèle de son travail individuel, la plasticienne est membre du collectif « La Boîte En Valise ». Ce collectif d’artistes occupe un atelier au sein du Village des Solutions de l’AFPA, un dispositif tourné vers l’insertion sociale, la formation et la levée des freins à l’emploi. Cet ancrage territorial et social influence sa vision de la création artistique, conçue comme un espace de responsabilité partagée.

En résonance : « Les monstrueux ancêtres (et autres bondieuseries) » de Mathilde Lemonnier

En regard de l’exposition de Gwenola Saillard Calvez, la galerie Le Rayon Vert présente simultanément le travail de l’artiste nantaise Mathilde Lemonnier. Intitulée « Les monstrueux ancêtres (et autres bondieuseries) », cette exposition rassemble des œuvres issues d’une pratique de détournement amorcée en 2009.

Mathilde Lemonnier travaille à partir de photographies anciennes et d’iconographies religieuses qu’elle réinterprète directement au pinceau, sans recours aux outils de retouche numérique ni à l’intelligence artificielle. À travers ces images recyclées, l’artiste aborde avec humour et un brin de cruauté des thématiques sociétales telles que le patriarcat, les violences systémiques, la famille, l’enfance ou la religion. Son regard de femme, de mère et de citoyenne exprime ses colères, ses engagements et ses recherches sur les héritages transgénérationnels.

Cette présentation coïncide avec la publication d’un ouvrage monographique consacré à la série Les Monstrueux Ancêtres, publié aux éditions Rouquemoute.

Informations pratiques

  • Dates : Du 25 avril au 14 juin 2026.
  • Lieu : Galerie Le Rayon Vert
  • Adresse : 10 rue Saint-Aignan, 44100 Nantes, France
  • Tarif : Entrée libre et gratuite.
  • Contacts et réseaux sociaux :

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