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Notre-Dame de Paris - la justice valide l'installation des vitraux contemporains

Notre-Dame de Paris : la justice valide l’installation des vitraux contemporains

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par Baratin
24 mai 2026

Saisi en référé par deux associations de défense du patrimoine, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de suspension des travaux des six nouveaux vitraux de Claire Tabouret. Le juge a estimé que le critère d’urgence n’était pas rempli, les travaux ne présentant pas un caractère irréversible. Les chantiers de dépose des verrières de Viollet-le-Duc débuteront comme prévu en juin prochain.

Un premier revers judiciaire pour les défenseurs du patrimoine

Nouveau rebondissement dans l’affaire des vitraux de la discorde à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce mardi 19 mai 2026, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de suspension de l’autorisation préfectorale de travaux qui avait été déposée par les associations Sites et Monuments et SOS Paris.

Le juge des référés a motivé sa décision en indiquant que « la condition d’urgence, nécessaire à la suspension d’une autorisation d’urbanisme », n’était pas légalement constatée. Selon l’ordonnance du tribunal, l’opération présente un caractère réversible : l’armature existante du XIXe siècle sera conservée pour y insérer les œuvres contemporaines, et les vitraux d’origine seront restaurés et préservés, ne risquant ainsi pas de disparaître.

Du côté des requérants, le président de Sites et Monuments, Julien Lacaze, évoque une « demi-déception ». L’association souligne que le rejet repose uniquement sur la notion d’urgence et non sur le fond de la légalité du projet.

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Le calendrier des travaux maintenu pour l’été 2026

Le calendrier officiel de l’Établissement public chargé de la restauration de la cathédrale reste donc inchangé. Les échafaudages étant déjà en place, les opérations se dérouleront en deux étapes clés :

  • 22 juin 2026 : Début de la dépose et de la mise à l’abri des six vitraux ornementaux du bas-côté sud de la nef.
  • Mi-octobre 2026 : Installation des six nouvelles verrières contemporaines.

Ces vitraux d’origine, conçus en 1864 par le peintre-verrier Alfred Gérente sous la direction de l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, n’avaient pas été endommagés par l’incendie d’avril 2019.

Un projet à 4 millions d’euros au cœur d’une bataille doctrinale

Le projet d’insérer une trace du XXIe siècle dans le monument historique a été voulu par le président de la République Emmanuel Macron et le diocèse de Paris. À l’issue d’un appel à projets, c’est l’artiste française Claire Tabouret (dont les maquettes ont attiré 324 007 visiteurs lors d’une exposition dédiée au Grand Palais début 2026) qui a été sélectionnée, en tandem avec l’atelier des maîtres-verriers Simon-Marq.

Financé par l’État à hauteur de 4 millions d’euros, ce marché public englobe la conception artistique, la fabrication et la pose des œuvres représentant la Pentecôte.

Le débat architectural et réglementaire

Les opposants au projet s’appuient sur plusieurs arguments patrimoniaux :

  • La rupture visuelle : Selon les associations, les baies de Viollet-le-Duc ont été pensées comme une progression colorée vers le chœur, une harmonie que les créations contemporaines risquent de rompre.
  • La Charte de Venise (1964) : Ce texte doctrinal international stipule que la restauration des monuments doit respecter toutes les strates historiques existantes. En 2020, l’ancienne ministre de la Culture Roselyne Bachelot s’était d’ailleurs opposée au remplacement de ces verrières au nom de cette même charte.
  • L’opposition des commissions : Le 11 juillet 2024, la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) avait rendu un avis défavorable à l’unanimité, toutefois qualifié de non contraignant par la justice.

À ce jour, une pétition publique initiée par le fondateur de La Tribune de l’art, Didier Rykner, rassemble plus de 340 000 signatures contre la dépose des grisailles du XIXe siècle.

La suite des procédures juridiques

La décision du juge des référés ne clôture pas la bataille juridique. Les associations Sites et Monuments et SOS Paris ont d’ores et déjà annoncé qu’elles poursuivaient le combat. L’affaire doit encore être jugée au fond devant le tribunal administratif de Paris dans les prochains mois afin d’analyser la légalité même de la décision du préfet de la région Île-de-France. De plus, un appel a été formé contre la validation initiale du marché public datant de la fin d’année 2025.

Pour en savoir plus / Informations pratiques

  • Institution concernée : Cathédrale Notre-Dame de Paris (Bas-côté sud de la nef)
  • Artiste lauréate : Claire Tabouret (en collaboration avec l’atelier Simon-Marq)
  • Calendrier prévisionnel du chantier : Dépose en juin 2026, pose des nouvelles verrières à la mi-octobre 2026.
  • Prochaines étapes : Examen du recours au fond par le tribunal administratif de Paris (date non fixée).

FAQ : Tout comprendre à l’affaire des vitraux de Notre-Dame de Paris

Pourquoi les vitraux de Viollet-le-Duc sont-ils remplacés ?

Le remplacement de six verrières du bas-côté sud de la nef par des créations contemporaines est une volonté de l’Élysée et du diocèse de Paris. L’objectif affiché est d’inscrire une marque du XXIe siècle dans la reconstruction de la cathédrale après l’incendie de 2019.

Les vitraux d’origine ont-ils été détruits ou endommagés par l’incendie ?

Non. Les six vitraux ornementaux, réalisés en 1864 par Alfred Gérente sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc, sont intacts. Ils ont été nettoyés et restaurés après l’incendie de 2019 et sont classés au titre des monuments historiques.

Qui est l’artiste choisie pour les nouveaux vitraux ?

Il s’agit de l’artiste française Claire Tabouret. Ses créations, qui représentent la Pentecôte, seront réalisées par les maîtres-verriers de l’atelier Simon-Marq, basé à Reims. Le coût global de cette commande artistique s’élève à 4 millions d’euros, financés par l’État.

Pourquoi l’installation des vitraux contemporains fait-elle polémique ?

Les défenseurs du patrimoine, soutenus par une pétition de plus de 340 000 signatures, s’opposent à la dépose d’œuvres historiques intactes et classées. Ils dénoncent une rupture de l’harmonie architecturale de la nef et invoquent la Charte de Venise (1964), un texte international qui protège l’intégrité des monuments historiques.

Que va-t-il advenir des anciens vitraux du XIXe siècle ?

Selon l’ordonnance du tribunal administratif, les vitraux d’origine ne vont pas disparaître. Ils seront déposés en juin 2026 pour être conservés et restaurés. Le projet est conçu pour être réversible, l’armature d’origine étant conservée pour accueillir les nouvelles verrières de Claire Tabouret.

Le projet peut-il encore être annulé par la justice ?

Oui. Si le tribunal administratif a rejeté la suspension en urgence (référé) des travaux, la procédure continue. L’affaire sera examinée « au fond » par les juges dans les prochains mois pour déterminer si l’autorisation de travaux délivrée par le préfet est pleinement légale.

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