Exposition Joan Miró aux Abattoirs de Toulouse : tout savoir sur l’événement « Protestation »
8 octobre 2026
Vous cherchez une exposition incontournable à Toulouse ? Du 3 octobre 2026 au 7 mars 2027, les Abattoirs frappent un grand coup en accueillant la première exposition d’envergure consacrée à Joan Miró (1893-1983). Intitulée « Joan Miró. Protestation », cette rétrospective exceptionnelle réunit près de 200 œuvres rares (peintures, sculptures, tapisseries, films et costumes). Pourquoi cet événement s’annonce-t-il historique ? Décryptage d’un parcours qui redéfinit l’art de l’icône catalane.
Pourquoi l’exposition Joan Miró aux Abattoirs est-elle exceptionnelle ?
C’est une première à Toulouse. Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie consacrent pour la toute première fois une exposition majeure à Joan Miró. Loin des rétrospectives traditionnelles qui présentent l’artiste sous un angle purement poétique, les commissaires Carles Guerra et Lauriane Gricourt ont choisi un prisme radical et politique : la protestation comme moteur de création.
En rassemblant près de 200 œuvres venues de prestigieux musées internationaux (comme le Museo Reina Sofía de Madrid ou la Fondation Maeght), l’exposition toulousaine expose des pièces rarement montrées en France. Elle met en lumière un Miró insoumis, en prise directe avec les tensions du XXe siècle.



Vue de l’exposition « Joan Miró. Protestation » aux Abattoirs de Toulouse
Comment Miró a-t-il cherché à « assassiner la peinture » ?
Dès les premières salles du parcours, l’exposition explore la rupture de l’artiste avec le monde académique et le surréalisme. Le point de départ ? En 1926, les surréalistes Louis Aragon et André Breton publient un tract virulent pour perturber la première du ballet Roméo et Juliette, dont Miró avait signé les décors. Ce manifeste, intitulé Protestation, donne son nom à l’événement des Abattoirs.
Dans les années 1930, cette volonté de contestation se traduit par un véritable « assassinat de la peinture ». Miró délaisse la toile classique au profit de matériaux pauvres et bruts :
- Toiles non enduites et papier de verre
- Plaques d’isorel (série des masonites)
- Intégration de sable, de goudron et d’objets du quotidien
L’objectif de l’artiste n’est plus la virtuosité, mais de créer des œuvres volontairement irritantes, presque laides, qui bousculent le regard du spectateur.



Vue de l’exposition « Joan Miró. Protestation » aux Abattoirs de Toulouse
En quoi l’œuvre de Miró est-elle une arme politique contre le franquisme ?
Le contexte politique de la guerre d’Espagne (1936-1939) et de la dictature franquiste (1939-1975) va profondément politiser le travail de Joan Miró. L’exposition des Abattoirs expose des pièces majeures de cet engagement :
- La Série Noire et rouge (1938) : Huit planches gravées où le sang et le deuil se mêlent pour caricaturer le général Franco.
- La série Barcelone (1939-1944) : Cinquante lithographies contestataires éditées clandestinement au cœur même de l’Espagne franquiste grâce au mécène Joan Prats.
- Le triptyque L’Espoir d’un condamné à mort (1974) : Une œuvre monumentale aux grands formats épurés, réalisée en hommage au militant catalan Salvador Puig i Antich.



Vue de l’exposition « Joan Miró. Protestation » aux Abattoirs de Toulouse
Quelles sont les œuvres phares à ne pas rater aux Abattoirs ?
Le parcours de l’exposition met en avant la dimension collaborative et expérimentale de Miró à travers des corpus spectaculaires :
- Les Toiles brûlées (1973) : Documentées par le photographe Francesc Català-Roca, ces cinq toiles montrent Miró jetant du feu et de la peinture directement au sol, actant la destruction comme acte créatif ultime.
- Les tapisseries monumentales avec Josep Royo : Réalisées à l’atelier La Farinera à Tarragone, ces pièces immenses intègrent des balais, des cordes et des sacs en jute, atteignant des dimensions hors normes (nécessitant parfois dix assistants).
- Le théâtre et les marionnettes géantes d’Ubu roi : Les costumes saisissants créés en 1976 avec la troupe La Claca pour la pièce Mori el Merma, où la figure grotesque d’Ubu incarne ouvertement le dictateur Franco.



Vue de l’exposition « Joan Miró. Protestation » aux Abattoirs de Toulouse
Informations pratiques : dates, prix et accès à l’exposition
Vous prévoyez de visiter l’exposition Joan Miró aux Abattoirs à Toulouse ? Voici toutes les informations pratiques pour organiser votre venue :
- Dates de l’exposition : Du 3 octobre 2026 au 7 mars 2027
- Lieu : Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse (76 allées Charles de Fitte, 31300 Toulouse)
- Horaires d’ouverture :
- Du mercredi au vendredi : 12h00 – 18h00
- Samedi et dimanche : 10h00 – 18h00
- Tarifs :
- Plein tarif : 12,00 €
- Tarif réduit : 10,00 €
- Gratuit: premier dimanche du mois
- Comment venir aux Abattoirs (Transports) :
- Métro : Ligne A, station Saint-Cyprien République
- Bus : Lignes 14 et 45, arrêt les Abattoirs