Exposition « Chambres, ghosts & digitales » au Frac MÉCA à Bordeaux : de l’intime à l’écran connecté
17 août 2026
Le Frac MÉCA présente l’exposition collective « Chambres, ghosts & digitales », consacrée aux métamorphoses de la chambre à coucher et à notre rapport aux mondes virtuels. À Bordeaux, du 7 février au 30 août 2026, cette traversée artistique explore la manière dont nos espaces intimes sont devenus des carrefours numériques interconnectés. Une réflexion stimulante sur nos vies contemporaines, au moment où la frontière entre le réel et le virtuel n’a jamais été aussi poreuse.
De la « chambre à soi » à la Bedroom Culture
Pour comprendre l’exposition, il faut remonter aux transformations de notre espace le plus intime : la chambre. En 1928, l’écrivaine Virginia Woolf affirmait la nécessité d’avoir « une chambre à soi » pour pouvoir créer en toute liberté. À la fin des années 1990, avec l’émergence d’Internet, une génération d’adolescents a inauguré ce qu’on appelle la Bedroom Culture : un mode de vie où l’on se relie au monde entier depuis son lit grâce aux écrans, aux jeux vidéo et aux premiers réseaux sociaux.
Aujourd’hui, la chambre n’est plus seulement un lieu réservé au repos ou au rêve. Elle s’est transformée en bureau, en studio de création, en salle de cinéma et en espace de consommation. On y travaille, on y aime, on y joue et on y communique à distance.
L’exposition pose ainsi une question centrale : comment la virtualité — qu’il s’agisse du réseau Internet, des codes informatiques ou même de nos rêves — façonne-t-elle nos désirs et notre façon d’exister ? À travers ce parcours, le virtuel n’est pas présenté comme une illusion distante, mais comme une force bien réelle qui transforme notre quotidien.



Vue de l’exposition « Chambres, ghosts & digitales » à La MECA – FRAC de Nouvelle-Aquitaine
Que découvre-t-on pendant la visite ?
Le parcours rassemble des œuvres variées qui oscillent entre installations immersives, vidéos, sculptures, peintures et créations textiles. Le visiteur déambule parmi des environnements qui évoquent tour à tour des chambres d’adolescents, des ateliers d’artistes ou des cabines d’analyse psychanalytique.
Au fil de la déambulation, vous croisez des œuvres emblématiques et surprenantes :
- Des télévisions détournées et poétiques, comme cet écran vidé de ses composants et éclairé par une simple bougie (Nam June Paik), invitant à une méditation sur la technologie.
- Des installations numériques et fictions futuristes, à l’image d’un mur d’écrans et d’artefacts (Lou Fauroux) qui interroge les dérives de l’intelligence artificielle, de la collecte de données et de la surveillance de masse.
- Des créatures synthétiques et robotisées, comme un personnage de jeu vidéo recréé à taille réelle en résine et composants électroniques (Lori), prenant vie directement au milieu de l’espace d’exposition.
- Des sculptures textiles novatrices, où des câbles de cuivre, des puces électroniques et des bandes magnétiques sont tissés ensemble (Madame Zo), révélant que le tissage artisanal est le véritable ancêtre du codage informatique.
- Des mues d’espaces et empreintes matérielles, obtenues en appliquant du latex sur les murs de chambres ou d’ateliers (Heidi Bucher) pour en détacher la « peau » et capturer la mémoire des lieux.



Vue de l’exposition « Chambres, ghosts & digitales » à La MECA – FRAC de Nouvelle-Aquitaine
Qui sont les artistes rassemblés pour l’occasion ?
L’exposition ne se concentre pas sur le parcours individuel d’un seul créateur, mais fait dialoguer plusieurs générations d’artistes pionniers et contemporains. On y retrouve des figures historiques de l’art vidéo et du cyberféminisme aux côtés de jeunes créateurs fraîchement diplômés des écoles d’art.
Parmi les signatures réunies par la commissaire Elfi Turpin, on croise notamment : Assya Agbere, Absalon, Heidi Bucher, Marinette Cueco, Lou Fauroux, Dominique Gonzalez-Foerster, Donna Gottschalk, Konstantinos Kyriakopoulos, Laura Lamiel, Seulgi Lee, Lori, Ash Love, Nathalie Magnan, Beatriz Santiago Muñoz, Nam June Paik, Rosemarie Trockel et Madame Zo.
Tous partagent une démarche commune : une grande fluidité à naviguer entre les techniques artisanales (tissage, sculpture, peinture) et les outils numériques ou médiatiques (vidéo 3D, réseaux, archives télévisuelles).



Vue de l’exposition « Chambres, ghosts & digitales » à La MECA – FRAC de Nouvelle-Aquitaine
Une lecture sociologique et poétique de nos espaces intimes
L’exposition propose une analyse distancée des transformations du paysage domestique contemporain sans verser dans un discours moralisateur sur les technologies. Elle invite à observer la manière dont des gestes devenus quotidiens — naviguer sur un écran, diffuser des contenus, échanger à distance — ont reconfiguré la frontière historique entre vie privée et espace public.
En croisant les époques et les médiums, la démarche curatoriale montre que les mondes virtuels ne s’opposent pas au réel : ils constituent désormais des espaces à part entière où se façonnent les identités, les formes de résistance et les imaginaires collectifs.



Vue de l’exposition « Chambres, ghosts & digitales » à La MECA – FRAC de Nouvelle-Aquitaine
Informations pratiques
Chambres, ghosts & digitales
Artiste: d’Assya Agbere, Absalon, Heidi Bucher, Marinette Cueco, Lou Fauroux, Dominique Gonzalez-Foerster, Donna Gottschalk, Konstantinos Kyriakopoulos, Laura Lamiel, Seulgi Lee, Lori, Ash Love, Nathalie Magnan, Beatriz Santiago Muñoz, Nam June Paik, Rosemarie Trockel, Madame Zo
Dates : Du 7 février au 30 août 2026
Horaires : Du mardi au dimanche, de 13h à 18h30
Adresse : Frac MÉCA, Parvis Corto Maltese, 54 Quai de Paludate, 33800 Bordeaux
Tarifs : Gratuit / Prix libre à partir de 2 €